Du changement chez les reptiles et amphibiens de France

Lacerta bilineata porte dorénavant le nom commun de "lézard à deux raies". Photo : Dule

Une nouvelle liste des reptiles et amphibiens de France métropolitaine a été publiée par la Société Herpétologique de France et le Muséum National d’Histoire Naturelle. Cette liste apporte quelques modifications dans la taxinomie avec la validation en tant qu’espèces d’un certain nombre de sous-espèces et quelques changements de noms communs.

Désormais considérées comme des espèces à part entière, la couleuvre helvétique, Natrix helvetica et la couleuvre astreptophore, Natrix astreptophora étaient auparavant classées comme sous-espèces de Natrix natrix. Ce changement valide les études récentes montrant que Natrix natrix au sens strict vit à l’est du Rhin, les couleuvres « à collier » de France ne sont donc plus affiliées à cette espèce. N. helvetica est présente sur tout le territoire français, c’est sans doute le serpent le plus commun de l’hexagone. En Corse, il s’agit de la sous-espèce  N. h. corsa. Quant à  N. astreptophora, est présente au nord des Pyrénées.

Toujours chez les serpents, le genre Rhinechisa été placé en synonymie du genre Zanemis, la Couleuvre à échelons devra désormais être nommée Zanemis scalaris et non plus Rhinechis scalaris.

Les adultes Zanemis scalaris sont assez uniformes, bruns à jaune-grisâtre avec deux lignes foncées le long du dos. Photo : Benny Trapp, licence CC BY 3.0
Les adultes Zanemis scalaris sont assez uniformes, bruns à jaune-grisâtre avec deux lignes foncées le long du dos. Photo : Benny Trapp, licence CC BY 3.0
Les juvéniles sont très marqués, plus jaunes, avec des taches noires en forme de H sur le dos donnant l'aspect d'une échelle caractéristique qui est à l'origine du nom donné à l'espèce. Photo : Benny Trapp, licence CC BY 3.0
Les juvéniles sont très marqués, plus jaunes, avec des taches noires en forme de H sur le dos donnant l’aspect d’une échelle caractéristique qui est à l’origine du nom donné à l’espèce : scalaris, en latin, scala, pour échelle.  Photo : Benny Trapp, licence CC BY 3.0

Cette liste entérine également l’élévation au rang d’espèce du crapaud épineux qui fit longuement débat dans le milieu des batrachologistes. Bufo spinosus était jusque-là considéré comme une sous-espèce de Bufo bufo. On compte donc désormais quatre espèces de Bufonidés sur notre territoire : Bufo bufo, Bufo spinosus, Epipedates calamita et Bufotes viridis.

A noter aussi que la très menacée tortue olivâtre – Lepidochelys olivacea– entre dans la liste des tortues marines présentes en métropole puisqu’elle a été observée au large de l’île d’Oléron.

Du côté des noms communs, Lacerta bilineata, jusqu’ici nommé lézard vert occidental, devra maintenant être nommé lézard à deux raies. Triturus carnifex (espèce allochtone pour la France), nommé jusqu’à présent triton crêté italien, porte maintenant le nom commun fort charmant de triton bourreau qui lui avait déjà été attribué au XIXème siècle ! Si ce nom a été adopté, c’est pour éviter la confusion avec le triton italien, Lissotriton italicus.

En tout, il y a 36 espèces d’amphibiens et 42 espèces de reptiles non aviens (dont 6 tortues marines) autochtones en France métropolitaine.

Voir la liste complète sur http://lashf.org/liste-taxinomique/

Photo introductive : Lacerta bilineata porte dorénavant le nom commun de “lézard à deux raies”. Photo : Dule

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