Le TORQ de Nyos

En mettant dans un tube de réaction un support de filtration suffisamment fin dans un flux ascendant, il se soulève en tournoyant sur lui-même. De la sorte, chaque grain en suspension offre une plus grande surface de colonisation pour les bactéries et leur frottement entre eux « broie » les déchets importants (débris d’algues, fèces, restes de nourriture, etc.) en rendant ainsi le colmatage impossible.

Sur ce principe, la société Allemande Nyos propose le TORQ qui est un filtre à lit fluidifié facile à mettre en œuvre et facile à gérer. Il se compose de deux éléments majeurs : le « Dock » qui est l’embase du filtre dans lequel se trouve une pompe de 1000 l/h et qui est à immerger dans la cuve technique. La seconde partie est le « Body » qui est le corps du filtre dans lequel le support de filtration y est à ajouter. Il y a 3 tailles de « Body » à choisir en fonction de ses besoins : 0,75l, 1,0l et 2,0l. Le « Body » s’enclenche très facilement sur le « Dock » d’une seule main. La pompe envoie alors un flux d’eau qui traverse le support de filtration et ressort par le haut avant de s’écouler le long du « Body » et ainsi retourner dans la cuve technique. Le réglage de débit se fait simplement en tournant dans un sens ou dans l’autre le « Body ». A noter qu’il est possible de mettre deux couches de support de filtration.

Fluidisé ou fluidifié ?

Fluidifier veut dire rendre fluide, ce qui correspond assez bien à l’impression visuelle que l’on a en regardant ce qui se passe à l’intérieur du filtre : le substrat mis en mouvement par la puissance du courant généré par la pompe ressemble à une masse liquide et cette métaphore est facilement compréhensible. Fluidisé est un terme de chimie qui consiste à soumettre un substrat à une fluidisation, c’est-à-dire un état de suspension des particules dans un fluide ascendant, et c’est donc le terme le plus approprié pour décrire ce qui se passe dans le réacteur.

Ce type d’outil comme le TORQ présente de nombreuses options grâce aux multiples possibilités qu’offre le nombre de supports de filtration utilisables. Que l’on soit adepte ou détracteur de l’usage du charbon actif en récifal, il est possible de l’utiliser occasionnellement en fluidisation.

Le filtre à lit fluidisé trouve son plein emploi avec des substrats comme les résines anti-phosphates à base d’oxyde d’aluminium et d’oxyde de fer, mais également avec les résines spéciales proposées par beaucoup de fabricants.

La zéolithe sert principalement de tamis moléculaire et de support bactérien. On peut l’utiliser comme le charbon actif ou selon un protocole bien établi. Dans le premier cas, son potentiel est décuplé en la fluidisant dans un filtre. Pour un meilleur résultat, on choisit une zéolithe de petite taille, plus facile à mettre en suspension dans le réacteur.

Les Biopellets est un support bactérien de la taille d’une lentille et idéal pour mettre dans un filtre à lit fluidisé.

Le réacteur à bactéries (ou « RAB ») est sans doute la dernière utilisation à la mode du principe du filtre à lit fluidisé. La mise en pratique, simple et peu coûteuse, consiste à fluidiser une quantité d’un granulat de très petite taille dont la porosité est de l’ordre du méso-pore.

Bref, il existe de nombreux usages de l’utilisation d’un filtre à lit fluidisé grâce à des outils peu coûteux comme le TORQ : il est dommage de s’en priver.

A relire

Plusieurs notions ont été abordées dans ce descriptif d’usage du TORQ, nous vous invitons à parcourir les sommaires des anciens ZebrasO’mag afin de les réviser si nécessaire. Voici quelques articles à relire (liste non exhaustive).

N° 06 – Produit marin : sélectionner un charbon actif
N° 14 – Tendance : les filtres à lit fluidisé
N° 24 – Tendance : les réacteurs à bactéries
N° 33 – Produit marin : les granulés anti-phosphates
N° 36 – Tendance : la supplémentation probiotique
N° 44 – Produit marin : choisir un filtre à lit fluidisé

Photos : Philippe Royer

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