Journée mondiale des océans avec l’IFRECOR

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Les récifs coralliens sont l’un des écosystèmes les plus diversifiés, productifs et les plus utiles de notre planète, mais aussi l’un des plus menacés. À l’occasion de la Journée mondiale des océans, le 8 juin 2021, l’IFRECOR et ses partenaires révèlent des chiffres clés d’une étude* s’appuyant sur 5 ans de suivis des récifs, herbiers et mangroves dans les outre-mer français.

RARES ET INDISPENSABLES  

Répartis sur moins de 1% de la surface des océans, les récifs coralliens sont l’un des écosystèmes les plus anciens, les plus beaux et les plus riches de la planète.  Avec près de 60 000 km² de récifs coralliens, soit 10% de la surface mondiale répartis dans les 3 océans, Atlantique, Indien et Pacifique, la France est le 4ème pays corallien au monde.

Au-delà du réservoir de biodiversité qu’ils représentent et qui contribue à faire vivre plus d’1/4 des espèces marines et de l’attrait touristique de leurs paysages, ces écosystèmes rendent d’immenses services à l’homme : chaque année, c’est l’équivalent de 1,3 milliard d’euros apportés aux économies de 9 collectivités d’outre-mer, soit 12 000 sociétés, 50 000 emplois et plus de 175 000 ménages concernés.

Récifs coralliens, mangroves et herbiers marins : pourquoi nous sont-ils si utiles ?

Protection côtière : les écosystèmes coralliens absorbent une grande partie (97%) de l’énergie des vagues, réduisant les dommages sur les aménagements littoraux lors des évènements météorologiques extrêmes.

Sécurité alimentaire : dans le monde, la pêche dans les récifs coralliens fait vivre quelques 6 millions de personnes et représente une valeur de 6,8 milliards de dollars par an.

Recherche médicale : la moitié de la recherche sur les médicaments contre le cancer est basée sur les organismes marins. Ils sont également utilisés dans le traitement de maladies comme le paludisme ou la dengue. Extrait d’une éponge des récifs de la Caraïbes, l’AZT est un médicament utilisé contre le VIH.

Séquestration et stockage du carbone par les mangroves et les herbiers, qui jouent un rôle important dans la régulation du climat.

DE PLUS EN PLUS MENACÉS

Dans le monde, environ 50% de la surface de corail vivant a disparu depuis les années 1870 et près d’1/3 des coraux sont actuellement menacés 1.

Dans nos outre-mer, plus de 200 stations ont permis de suivre l’état des récifs : la situation la plus préoccupante se situe dans les territoires soumis à une forte pression démographique : dans les Antilles françaises et dans l’Océan Indien (Mayotte, La Réunion). La majorité (62 %) des récifs évalués sur ces territoires sont dégradés, contre seulement 30 % dans les territoires moins densément peuplés du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, Polynésie française) et dans les îles Eparses de l’océan Indien.

Pourquoi une telle dégradation ? Le réchauffement climatique et la pollution sont les deux principales causes : de plus en plus vulnérables aux évènements climatiques répétés, les récifs perdent leur capacité de résilience, et n’ont plus le temps de se reconstituer après un épisode de dégradation. S’y ajoutent les activités humaines (pollutions, pêche, sédimentation, etc.) qui exercent une pression directe sur les récifs, réduisent leur résilience et amplifient leur destruction.

Les études internationales mettent en avant que pratiquement tous les récifs coralliens tropicaux vont subir un recul notable de leur superficie :

déclin de 70 à 90 % si le réchauffement est de 1,5°C, et de plus de 99 % s’il est de 2°C 2.

Et au cours du 21e siècle, 99 % des récifs coralliens du monde devraient connaître un blanchissement important dû au stress thermique 3.

LES PROTEGER EST VITAL

La France s’est engagée à protéger 100 % des récifs coralliens dans les outre-mer français d’ici à 2025 ; 67 % le sont aujourd’hui, notamment dans les aires marines protégées. L’étude montre que les zones de protection les plus fortes ont déjà apporté des effets bénéfiques notables sur les populations de poissons et l’état des écosystèmes.

La réduction des pressions issues des activités humaines à terre et en mer reste la principale marge de manœuvre pour sauver les récifs et maintenir les services qu’ils procurent : traitement des eaux usées, gestion des aménagements, promotion d’une agriculture respectant l’environnement, pêche durable…

Il faudra également pérenniser, renforcer et améliorer la cohérence des différents réseaux de suivi des écosystèmes, poursuivre l’acquisition des connaissances et les efforts d’éducation et de sensibilisation de tous les citoyens.

En accord avec la communauté scientifique internationale 4,  l’IFRECOR (initiative française pour les récifs coralliens) rappelle que les 3 piliers de la survie des récifs coralliens sont l’atténuation du changement climatique, la réduction des pressions anthropiques directes et l’innovation, pour renforcer la résilience.

Sources

* Etude : État de santé des récifs coralliens, herbiers marins et mangroves des outre-mer français, IFRECOR, 2020.

1 IPBES (2019)

2 Rapport IPCC 2019 – IPCC Special Report on the Ocean and Cryosphere in a Changing Climate

3 Gattuso et al, 2018

4 Source : Kleypas et al, 2021

A propos de l’IFRECOR

Créée en 1999, l’IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens) agit pour la protection et la gestion durable des récifs coralliens et des écosystèmes associés (mangroves, herbiers) dans les collectivités françaises d’outre-mer. Co-fondatrice de l’initiative internationale pour les récifs coralliens (ICRI) qui compte 90 membres dont 43 pays, La France participe au travers de cette étude au suivi mondial des récifs coralliens (GCRMN/ICRI).

L’IFRECOR est constituée d’un comité national et d’un réseau de 10 comités locaux représentant les collectivités françaises abritant des récifs coralliens et rassemblant les acteurs des territoires d’outre-mer : Guadeloupe, Martinique, Saint Barthélemy, Saint-Martin, La Réunion, Mayotte, les îles Eparses (TAAF), Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et la Polynésie française. Le ministère de l’écologie et le ministère chargé de l’outre-mer co-président l’IFRECOR et assurent le secrétariat du comité national.

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